Pour une dépense imprévue ou une envie soudaine de se payer un petit plaisir, on se rue vers le premier distributeur qui fait son entrée dans son champ visuel, pour retirer de l’argent liquide. Pourtant, il nous arrive d’entendre parler de crises de liquidité chez les banques. (Auraient-elles également besoin de débouler devant un distributeur ??)

Une pincée de crises de liquidité, un zeste de crises de confiance et beaucoup d’échanges interbancaires

Le fait est que chaque banque essaye de conserver un niveau de liquidités suffisant pour répondre aux demandes de retrait de ses clients.

Les trésoriers évaluent ce niveau sur la base de nos habitudes, les périodes de l’année et les exercices précédents.

Mais, ceci n’empêche pas la banque de se retrouver dans des cas d’urgence parce qu’elle a mal évalué son besoin de trésorerie ou n’a pas pris en compte dans son travail d’expertise certains facteurs qui n’avaient pas encore fait surface à ce moment-là.

Pour renflouer ses caisses, la banque déficitaire emprunte à court terme à d’autres banques. Celles-ci jouissent, au contraire, d’un surplus de trésorerie.

Autrement dit, les excédents des uns viennent financer les déficits ponctuels des autres. C’est le marché interbancaire.

C’est lors d’une crise économique que ce marché perd en praticité.

En effet, dans ces circonstances, chaque banque suspecte sa concurrente de détenir des actifs toxiques qui n’ont plus de valeur.
Qui dit soupçons dit manque de confiance et sans confiance il n’y a plus de prêt.
C’est aussi simple que ça, quand la confiance tousse, le marché est malade.

Prenons comme exemple la crise de 2008. Celle-ci a été à l’origine de la faillite de la prestigieuse banque d’investissement multinationale « Lehman Brothers ».

En conséquence, les autres banques se sont mises à douter l’une de l’autre et, c’est là qu’une crise de liquidité peut devenir un danger potentiel pour les banques les plus saines financièrement parlant.

En France, les banques ont survécu grâce à l’aide de l’Etat qui n’a pas douté de leur solvabilité.

Un Etat qui prête (à court terme en l’occurrence) est évidemment un gage de fiabilité pour le public qui a justement été rassuré.
La confiance avait été rétablie et les banques débitrices ont pu rembourser en l’espace d’une seule année leurs dettes. (juxtaposées aux intérêts qu’elles ont générés, sans surprise).

Que se passe-t-il lorsque les Etats décident de vivre au dessus de leurs moyens ?

Aujourd’hui, les crises persistent encore.

Le spectre de la crise économique n’a jamais quitté l’Europe, avec ralentissement de l’activité et montée du chômage. Celui de la crise financière non plus avec, notamment, la question de la dette souveraine.

Pendant longtemps les déficits se sont creusés. On ne s’en est pas soucié croyant que la croissance allait servir au remboursement des dettes.

Mais lorsque celle-ci fait faux bond, les dettes ne font que s’accumuler pour finir par faire tomber des nues ceux qui pensaient que les Etats étaient invincibles.

En effet, théoriquement, on a tendance à penser que tant qu’un Etat est libre de définir sa politique monétaire, il peut émettre de la monnaie comme bon lui semble pour éponger ses dettes mais l’actualité nous prouve que l’Etat est assimilable à une entreprise et n’est donc pas à l’abri d’une faillite.

Quand les emprunts se font pesants auprès des institutions financières, les agences de notation peuvent dégrader la note correspondante aux perspectives de remboursement des engagements en question. (Crise grecque).

Si l’Etat n’arrive pas à honorer ses engagements, les créanciers doivent automatiquement enregistrer des pertes puisqu’une crise de confiance vis-à-vis de ces banques « dépanneuses » se sera installée.

La banque centrale européenne a mis en place des mécanismes pour racheter les dettes souveraines détenues par les banques.
Le rachat se fait sous forme d’obligations d’Etat afin de renforcer la stabilité des banques. Une fois leur image redorée, les clients y redéposent de l’argent et la boucle est bouclée.

Qui vous a dit que l’économie était simple ?