La digitalisation de la banque : passé, présent et avenir …

On considère souvent que la banque est un des tout premiers acteurs des petites et grandes révolutions de l’histoire. D’ailleurs les plus importants évènements historiques se relient avec une aisance chronologique évidente aux grandes évolutions bancaires ou, à l’inverse, aux plus grandes crises du monde de la banque.

Il va sans dire que l’avènement de l’ère digitale, considérée comme un des plus grands bouleversements du 20e siècle, a considérablement changé le visage de la banque d’aujourd’hui. Internet est aussi « père » d’une banque d’un nouveau genre : les banques en ligne.

Ces nouvelles banques 100 % digitales sont-elles pour autant des concurrentes de la banque traditionnelle ? Vont-elles changer de façon pérenne le fonctionnement du système bancaire français ?

Histoire de la banque en France

Les banques du Moyen-âge

Si les premiers banquiers apparurent dès l’Antiquité, tout particulièrement chez les Romains, il fallut attendre le 18e siècle pour enfin voir apparaitre un système de banques en France. Effectivement, jusqu’alors, le clergé interdisait l’utilisation du prêt à intérêts.

Le clergé interdisait les prêts, limitant drastiquement l'activité potentielle des banques.

Le clergé interdisait les prêts, limitant drastiquement l’activité potentielle des banques.

Si les banquiers (surtout étrangers) existaient bel et bien en France, leur action était limitée et qui plus est, illégitime. La France semble donc bien en retard face aux échanges monétaires alors que l’Italie ou la Hollande avaient déjà commencé à construire de véritables empires, à l’image de la toute première multinationale au monde, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales.

La Banque Générale de John Law

La situation du royaume de France au sortir du règne de Louis XIV est si dramatique (on estime que la dette française équivaut à 10 années de recettes) qu’elle incita à engendrer un nouveau système bancaire, inspiré par un banquier écossais John Law.

Le système de la « Banque Générale » de John Law est simple : il s’agit d’émettre des billets qui inciteront à l’échange de monnaie et donc, au développement du commerce. Un moyen sûr de renflouer les caisses du royaume.

Le banquier encouragea l’activité de crédits et l’achat d’actions, ce qui permit un rebond spectaculaire de l’état financier du Royaume. Cependant, le système d’actions prit des proportions gigantesques, en particulier en ce qui concerne la capitalisation de la Compagnie perpétuelle des Indes orientales. La valorisation excessive de cette compagnie par ses actionnaires la poussa à sa perte, ce qui créa une réaction en chaine de banqueroutes et, conséquence logique, la chute dramatique de ce système.

John Law propose un système d'octroi de crédit qui va révolutionner le système bancaire de l'époque

John Law propose un système d’octroi de crédit qui va révolutionner le système bancaire de l’époque

Finalement, on considère que la bulle spéculative instaurée par John Law a ruiné directement ou indirectement plus de 10 % des Français… Une situation qui va perdurer jusqu’à la Révolution où la dette de la France équivaut à 80 % de son PIB.

Le siècle des Lumières

Au vu de la situation financière catastrophique de la France en 1789, Louis XVI convoque des états-généraux afin d’y trouver un remède. Ce qui, à l’inverse, conduisit à la colère du peuple et à… la Révolution française ! Toutefois malgré les temps troubles, on instaura le système d’assignats (inspiré du système de John Law) pour tenter de juguler les pertes du royaume. Action vaine qui se solda en 1796.

La solution fut trouvée par Dominique Ramel, ministre des Finances, qui créa une loi afin d’effacer, tout simplement, les deux tiers de la dette française ! Il affirma alors : « J’efface les conséquences des erreurs du passé pour donner à l’état les moyens de son avenir » ce qui fut bien le cas mais qui ruina bon nombre de créanciers, français ou non, de l’État.

Le 19e siècle et l’âge d’or des grands banquiers

Après avoir épuré la dette française, Napoléon décida en 1800 de créer une banque qui, seule, serait en charge d’éditer des billets de banque : la Banque de France. Dès lors, la France crée de nombreuses agences régionales de cette Banque de France qui permettront à tous de pouvoir y investir et y épargner.

La France est le premier pays à avoir développé un tel réseau de banques en régions.
Malgré les nombreuses guerres qui émaillent la vie de la France sous l’Empire, une multitude de banquiers privés s’installent pour y financer les premiers grands aménagements urbains ou ferroviaires. C’est ainsi que la fameuse et si puissante famille Rothschild fit fortune en investissant dans les lignes de chemin de fer, notamment grâce à la fortune qu’ils détenaient du « compte en banque » de Louis-Philippe.

D’autre part, l’avènement de l’industrie incite à la création des banques de dépôt publiques qui collectent, à grand renfort de réclames, l’épargne des Français afin de prêter cet argent moyennant intérêts à des industriels en mal de liquidités. En quelques années, les plus grandes banques françaises d’aujourd’hui naissent : le Crédit Lyonnais en 1863, la Société Générale en 1864 ou bien encore le CIC en 1859. En 1899 on consacre même une banque uniquement aux agriculteurs, les Caisses de Crédit Agricole.

Malgré le krach boursier de 1882 lié, une nouvelle fois, à la spéculation, le système bancaire français a pris son envol. Pour combien de temps ?

Le 20e siècle, entre puissances et effondrements

Alors qu’au début du 19e siècle la banque française est à son apogée grâce à la puissance industrielle et aux colonies françaises, la Première Guerre mondiale et la crise des emprunts russes vont faire s’effondrer la grande puissance.

Malgré la victoire des Alliés sur l’Allemagne, la situation économique de la France est désastreuse. L’Allemagne, surendettée, ne pouvant rembourser ses débiteurs va entraîner l’Europe et le reste du monde en une course à l’inflation où seules les actions demeurent des « valeurs-refuges ».

Cette course à l’achat d’actions va être le déclencheur de la crise américaine de 1929, une nouvelle fois due à une spéculation trop importante. Tous les systèmes bancaires mondiaux vont s’effondrer en ce fameux « Jeudi noir ».

Foule devant la bourse de New-York suite au krach boursier.

Foule devant la bourse de New-York suite au krach boursier.

Par voie de conséquence, les entreprises tombent les unes après les autres et beaucoup d’actionnaires se retrouvent ruinés. En France près de 400 banques font faillite !

La France décide alors pour répondre à ce marasme de favoriser l’achat par l’État de grands groupes banquiers tout comme d’encourager les banques mutualistes (qui appartiennent à leurs clients). Malgré ces mesures protectionnistes sonnant la fin d’un libéralisme accru, la Seconde Guerre mondiale va être dévastatrice pour l’économie française.

« L’État Providence » de Charles de Gaulle ou la nationalisation massive des banques (dont le Crédit Lyonnais et la Société Générale) permettra, malgré tout, au pays de profiter d’un regain de vitalité durant les fameuses « Trente Glorieuses ».

Néanmoins les grands gagnants de cette crise de l’après-guerre demeurent les États-Unis, qui, grâce au système de Bretton Woods, contrôlent avec le dollar toutes les monnaies mondiales.

L’essor de la banque française des années 70

Indispensables à la reconstruction de la France durant les Trente Glorieuses, les banques ont pourtant perdu de leur puissance en ne fonctionnant que sous l’impact hégémonique de l’État. En 1966, Michel Debré juge ce protectionnisme trop encombrant (18 % seulement de Français ont alors un compte en banque) et décide de réformer le système bancaire en imposant la mensualisation des salaires et leur versement obligatoire sur un compte en banque.

Cette action va être considérable pour l’essor de la banque française qui, dès lors, va se pourvoir de multiples services afin de répondre aux demandes de ses clients. Le chèque est né, l’immobilier s’impose et la banque moderne explose ! Devenues de véritables entreprises de service, les banques se modernisent à grands renforts de publicités et se livrent une concurrence féroce.

La diversification des activités bancaires, le régime économique relativement libéral et l’arrivée d’Internet seront les piliers marquants de l’incroyable ascension des banques françaises des années 70 jusqu’à nos jours. Pourtant le colosse bancaire français a encore des pieds d’argile qui s’écrouleront en 2007 avec la crise des subprimes, une nouvelle crise due encore une fois à une spéculation intensive…

Une brève histoire du digital

Véritable révolution du quotidien des Français, et de la banque française par voie de conséquence, les outils et moyens de cette nouvelle ère digitale n’étaient pourtant pas prévus pour se développer au grand public…

Qu’est-ce que le digital et comment est-il né ?

Le digital comprend les moyens et les outils donnés pour effectuer une communication numérique dans le but de transmettre un flux de données. Le tout premier à avoir utilisé un code digital est d’ailleurs Samuel Morse, avec son alphabet éponyme ! C’est notamment grâce au digital, enfin son ancêtre, et aux informations numériques retransmises par ondes radios que des centaines de passagers furent sauvés du Titanic !

Le saviez-vous ? l’utilisation du mot “digital” est un abus de language (courant) qui nous vient de l’anglais. “Digital” se rapportant aux doigts, le terme correct est le mot “numérique”.

Toutefois si les systèmes de transmission d’informations par ondes existent depuis bien longtemps, leur exploitation (tout comme la création et l’exploitation d’outils informatiques) se fera surtout pour faire évoluer les sciences humaines et la recherche, en particulier durant les années 70 où de nombreux projets universitaires en ligne voient le jour.

Le premier échange de données, que nous pourrions qualifier de premier pas vers Internet, serait attribué à l’ARPANET né aux États-Unis en 1969. Ce réseau entre ordinateurs de différents états américains fut testé afin de protéger les États-Unis d’une éventuelle attaque informatique de l’URSS. En 1972, on associa ce premier langage d’échange déjà très utilisé par les universitaires à un nouveau type de codage : le TCP/IP.

Carte du réseau ARPNET établie en mars 1977.

Carte du réseau ARPNET établie en mars 1977.

En 1980, ARPANET s’ouvre au public, les premiers pas du digital sont faits. En France naissait la même année le fameux Minitel, lui aussi appui solide à la digitalisation de la banque française.

L’invention d’Internet : le World Wide Web et de l’email

C’est tout particulièrement grâce à un grand chercheur suisse au CREN de Genève, Tim Berners-Lee, que la navigation hypertexte va s’accélérer. Effectivement en créant le langage HTML et le protocole HTTP, Tim Berners-Lee va donner naissance au premier site web de tous les temps le 6 aout 1991, toujours dans un but universitaire.

Rapidement les États-Unis (légèrement en avance car l’ADSL y est né en 1987) puis le reste du monde vont commencer à se connecter à ce réseau d’échanges d’informations. En France on considère l’année 1992 comme la première année où nous avons pu commencer à accéder à ce réseau révolutionnaire.
Quant à l’e-mail, il existe depuis les premiers balbutiements d’ARPANET en 1971. Toutefois il fallut attendre en France l’année 1994 pour que les fournisseurs d’accès Internet proposent avec leurs services des boites mail personnalisées. Une évolution importante qui va changer elle aussi la rapidité des échanges entre les individus mais aussi entre les banques et leurs clients.

En 2000, la première offre promotionnelle bas-débit afin de pouvoir accéder à Internet de façon illimitée en France est proposée par Free. Elle sera suivie en 2001 par le géant de la téléphonie Wanadoo (aujourd’hui Orange). Avec ces forfaits moins couteux et illimités, la France et les Français se connectent à la vitesse de l’éclair et Internet devient en quelques années la source principale d’échange de données.

L’arrivée des réseaux sociaux

Si les entreprises comprirent rapidement les enjeux cruciaux que représentaient la révolution digitale en leur façon de travailler et de vendre, l’avènement des réseaux sociaux permit une communication encore plus simple entre client et société.

La toute première plate-forme de réseautage ou de liens entre les internautes fut créée en 1997, SixDegrees.com. Cependant elle sera tuée dans l’œuf en 2000 face à une concurrence de plus en plus nombreuse composée de réseaux sociaux aux buts hétéroclites mais qui ne réussissent pas à fédérer un public en masse.

Facebook et MySpace, les deux premiers réseaux sociaux à générer une véritable influence de masse en France, vont naître respectivement en 2004 et 2003. Tout d’abord l’un comme l’autre sont réservés à un public restreint (les universitaires d’Harvard pour Facebook, les musiciens rocks de Los Angeles pour MySpace), puis l’un et l’autre vont exploser en s’ouvrant au grand public. Si MySpace connait un succès retentissant dès 2004, Facebook ne tarde pas à le rejoindre en comptabilisant pas moins de 340 millions de visiteurs uniques en 2009.

L'arrivée des réseaux sociaux sur internet change la manière d'interagir avec ses clients, mais également les interactions entre personnes.

L’arrivée des réseaux sociaux sur internet change la manière d’interagir avec ses clients, mais également les interactions entre personnes.

En 2015 Facebook compte 1 366 milliards de connexions à travers le monde, tandis que Twitter ou bien Instagram ont rejoint la sphère privée des réseaux sociaux qui ont explosé avec en moyenne chacun 300 millions d’utilisateurs par mois. Les réseaux sociaux deviennent des ingrédients indispensables de la digitalisation du monde, mais aussi de la banque !

Quelques dates-clés du digital en France

  • 1980 : Apparition des Minitels
  • 1992 : Premières connexions à Internet en France
  • 1994 : Premières offres de boites de messagerie ou « boites-mail »
  • 2000 : Free lance pour la première une offre ADSL illimitée pour 99 francs !
  • 2003 : Naissance de Facebook
  • 2004 : Naissance de MySpace

Les débuts de la banque en ligne

La naissance des banques en ligne

L’évolution du système bancaire en des banques en ligne est, de fait, totalement lié d’une part à l’histoire des systèmes bancaires et d’autre part à l’exceptionnelle révolution que fut la digitalisation de la société dans les années 90.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la banque digitale existait déjà avant l’ère Internet mais n’avait bien sûr pas du tout les mêmes capacités. Ces banques, dont la première fut Cortal en 1985, étaient principalement destinées à l’épargne et au courtage, sans possibilité d’ouverture de compte. Téléphone, courriers et Minitels étaient leurs principaux moyens d’échanges avec le client.

C’est bien sûr avec les débuts d’Internet au grand public que la banque en ligne se développa massivement avec des services bancaires équivalents à ceux des banques traditionnelles. En 1999 l’arrivée de Zebank, créée par le groupe LVMH, se fait la figure de proue de cette révolution bancaire. Ceux que l’on appelle aujourd’hui les pure players, ou les banques aux services exclusivement en ligne, font rapidement leur apparition telles ING Direct la néerlandaise en 2000 ou l’italienne BiBop (disparue en 2005). Nous remarquerons que, comme au Moyen-Age, les premières banques en ligne sont étrangères…

La seconde génération de banques en ligne, principalement composée de réseaux d’assurances transformés en banques, arrive en 2002 avec le pionnier Axa qui acquiert Banque Directe et devient Axa Banque. AGF Banque ou bien encore Groupama Banque lui emboitent le pas.
La troisième et actuelle génération de banques digitales se compose de banques traditionnelles qui ont voulu investir dans la digitalisation afin de gagner en efficience et en parts de marché. Ainsi Société Générale crée Boursorama Banque, Crédit Mutuel fusionne avec le courtier Fortuneo pour créer sa banque en ligne Fortuneo ou bien encore le Crédit Agricole propose en 2009 son alternative de banque digitale BforBank.

En parallèle, les banques traditionnelles qui ne sont pas encore représentées par un modèle digital choisissent néanmoins de composer un modèle d’agence virtuelle tel LCL et E.LCL dans le but d’apporter les mêmes services qu’une banque en ligne tout en bénéficiant de l’image de marque d’une banque classique.

Les raisons de l’existence d’une banque digitale

Comme nous pouvons pu le constater de façon évidente, la naissance massive des banques digitales a suivi celle de l’histoire du web. Mais aussi d’une manière plus générale, la rapidité colossale avec laquelle nous avons échangé des informations via le téléphone, le minitel ou bien encore notre ordinateur ou bien plus récemment notre smartphone et ses applications bancaires.

La banque en ligne n’est pas pour autant plus efficace en termes de transmission de données que le système bancaire dit traditionnel qui, lui aussi, a su s’adapter aux évolutions importantes apportées ces vingt-cinq dernières en termes de digitalisation.

Elle permet surtout d’apporter une alternative extrêmement intéressante en termes de cout et d’interactivité avec le client que ne permet pas encore les agences dites « physiques ». Ces dernières se sont d’ailleurs rapidement diversifiées en des banques digitales (Crédit Mutuel et Fortuneo, Hello Bank et BNP Paribas…) afin de proposer deux services distincts à des clients jusqu’ici encore très différents.

La gestion de l’environnement réglementaire

Contrairement aux apparences, les obligations légales et contractuelles des banques digitales sont exactement les mêmes que celles des banques dites traditionnelles. Les banques virtuelles sont donc soumises au Code monétaire et financier et contrôlées par les règles de TRACFIN.
Face à l’essor de ces nouvelles banques, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes n’hésite pas à lancer, comme pour les banques « en dur » des séries de contrôles réguliers. D’ailleurs suite à un rapport de 2015, la DGCCRF a noté que « En matière d’information de la clientèle et du public, les banques en ligne respectent globalement les dispositions du code monétaire et financier (CMF) ainsi que les engagements pris par la profession. ».

L’efficience opérationnelle et les technologies de la banque digitale

La banque en ligne permet de gérer via Internet absolument toutes les opérations à effectuer dans la vie d’un compte bancaire. Aujourd’hui les offres d’une banque en ligne ne diffèrent pas d’une banque en agence et permettent ainsi une gestion extrêmement facilitée de la gestion d’un compte bancaire.
Pour ce faire la banque en ligne utilise tous les moyens digitaux à sa disposition afin de rentrer en contact avec son client tels que mails, contacts par réseaux sociaux, messages par applications mobiles… De plus les obligations règlementaires sont respectées grâce notamment à la mise en place des fameux contrats à signature électronique.

Avec la banque digitale, point de problème de communication ou d’heures d’ouverture. L’accès en ligne est simple, très sécurisé et le client y « rencontre » des conseillers bien plus disponibles que dans une agence traditionnelle, jusqu’à tard le soir et même le week-end ! Un gain de temps redoutablement efficace pour les actifs toujours pressés que nous sommes devenus. .

La valeur ajoutée aux clients

Outre sa grande disponibilité, la banque en ligne permet de proposer des services bancaires relativement équivalents aux banques traditionnelles tout en ayant un coût de gestion moindre. Les banques digitales ayant nettement moins de charges en ressources humaines ou en immobilier à gérer qu’une banque en agence, les frais bancaires sont donc considérablement plus bas. Selon l’étude de 2014 de CLCV, ces couts seraient de « 1.6 à 3 fois moins élevés » pour une banque en ligne en rapport à une banque « en dur ».

De plus, certaines banques en ligne ajoutent à leur grande disponibilité des services nouveaux à leurs clients : services d’actualités de l’économie en ligne ou via les blogs et réseaux sociaux, coffre-fort numérique pour archiver et sécuriser les documents, comptes-courants rémunérés, caution bancaire…

Grande nouveauté de ces dernières années, les offres de crédits immobiliers sont négociables pour certaines banques digitales directement en ligne, à toute heure du jour ou de la nuit bien sûr. Les crédits « d’une vie » qui jusqu’ici étaient gérés de façon quasi hégémonique par les banques traditionnelles seraient-ils le nouvel Eldorado de la banque digitale ? Possible ! Ainsi Marie Cheval de Boursorama affirmait à La Tribune en 2014 « En matière de crédit immobilier, notre production a doublé en un an ».

L’acquisition de nouveaux clients

En 2014 seulement 7 % de la population française possède un compte ouvert dans une banque en ligne. C’est dire l’ampleur phénoménale du marché que les six principales grandes banques digitales d’aujourd’hui ont à conquérir !

La concurrence entre ses acteurs nombreux est donc féroce, tout particulièrement à l’ouverture d’un compte ou d’un livret d’épargne. Rémunération du livret A, tenues des comptes gratuites, parrainages payés entre un titulaire et nouveau client… Les banques digitales ne reculent devant rien pour vous attirer dans leurs lignes de compte !

Toutefois accéder à ces services a un cout et beaucoup de ces banques réclament à l’ouverture de compte un versement initial ou des revenus minimums à domicilier sur le compte. À titre d’exemple, selon Le Figaro en 2015, Fortuneo demandait à l’ouverture du compte des revenus minimums de 2 300 euros nets par mois ou un encours de 15 000 euros (des sommes sensiblement identiques pour Boursorama) là où Hello Bank demande 1 200 euros de revenus par mois domiciliés ou un encours de 5 000 euros. Certaines banques telles que ING Direct ou Monabanq ne demandaient pas encore de revenus obligatoires à cette époque.

Quel est l’avenir de la banque digitale ?

Les grands enjeux de la banque en ligne

Les banques en ligne ont un marché énorme à conquérir car l’on considère que si seulement 2,5 millions de Français possèdent un compte dans une banque digitale en 2015, ils sont de plus en plus nombreux à choisir d’ouvrir un nouveau compte dans une banque 100 % digitale. Marie Cheval, PDG de Boursorama affirmait à La Tribune en 2014 : « En France, la part de marché de la banque en ligne est d’environ 5% [des stocks de clients ; Ndlr]. Mais, en termes de flux, un compte sur trois s’ouvre dans une banque en ligne, aujourd’hui ».

Toutefois ces nouveaux clients des pure-players rechignent encore à faire de leur banque en ligne leur banque principale, ce qui représente un frein considérable à leur évolution sur des marchés jusqu’ici réservés en priorité aux banques classiques. La priorité de beaucoup de banques digitales serait donc de fidéliser les multi-bancarisés afin de pouvoir peut-être leur faire signer le sacro-saint prêt immobilier qui scellera le pacte de confiance entre client et banque, à l’image de Boursorama…
Enfin bien sûr, ces banques digitales devront faire oublier la distance virtuelle en axant sur l’expertise de ses conseillers en ligne et sur la personnalisation des services, là où la banque traditionnelle demeure encore la grande gagnante. N’oublions pas que si 15 % de la population semblait prête à migrer vers une banque en ligne en 2014, la grande majorité de ces nouveaux clients était des 25-59 ans, il faudra séduire les indécis !

La banque en ligne en complément de la banque traditionnelle

La particularité de la banque en ligne française se situe dans le fait qu’elle se compose de six grands acteurs principaux, là où les autres pays n’en ont que deux ou trois. Mais surtout que ces six acteurs sont tous liés à des banques physiques déjà présentes, ce qui pourrait représenter un obstacle à leur développement, lié particulièrement à une politique de concurrence. Selon le financier Marc Fiorentino pour Le Figaro : « Les banques en ligne auraient pu être la banque d’aujourd’hui, mais le système a été phagocyté depuis qu’elles se sont fait racheter par les banques traditionnelles. ».

Face à ce constat, comment imaginer que les banques en ligne françaises puissent entrer réellement en concurrence avec les banques traditionnelles ? Seule ING Direct, filiale néerlandaise, pourrait alors rivaliser d’audaces commerciales face aux banques « en dur » qui, elles, ne feraient que se « tirer une balle dans le pied », qu’elle que soit la mise en concurrence.

Ainsi il semblerait que la stratégie de la banque française ne se base pas sur une compétition entre banque digitale et banque classique mais plutôt sur une nécessaire complémentarité. Effectivement la banque digitale exploite les nouvelles technologies de tous leurs potentiels là où la banque traditionnelle propose l’expertise de conseillers en chair et en os, l’une et l’autre n’en demeurent pas moins des banques qui, particulièrement dans le contexte français, ont tout à gagner à se conseiller mutuellement et à travailler main dans la main pour une relation client optimale.

La BNP Paribas base par exemple essentiellement sa stratégie de développement sur cette complémentarité : « Notre groupe a adopté une stratégie multi-métiers, qui installe une continuité entre le digital et le conseiller en agence. ». Laure de Tilly, directrice des équipes opérationnelles de la Banque en ligne chez BNP Paribas pour Terra Femina.

Ainsi il n’y a pas de réelle concurrence entre banques digitales et banques traditionnelles, d’autant plus qu’en France, les propriétaires des unes sont les propriétaires des autres. Pour beaucoup de spécialistes financiers, cette situation exceptionnelle française des banques en ligne ne permettrait pas un essor véritablement important de la banque en ligne.

Toutefois l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché de la banque 100 % digitale pourrait-elle faire basculer cet équilibre ? À l’instar d’un Orange Bank, filiale du célèbre groupe de téléphonie ou de tout autre acteur suffisamment puissant pour créer une banque en ligne réellement indépendante d’un groupe banquier traditionnel.

« Le secteur bancaire va vivre une révolution totale comme l’a connue la musique ou encore le livre et les télécoms. La banque de demain risque d’être un agrégateur de tous les opérateurs low-cost qui vont proposer une sorte d’application simple permettant de tout faire au plus bas prix » . Marc Fiorentino, associé-gérant d’Euro Land Corporate pour Le Figaro.

 

 

Sources complémentaires utilisées dans cet article :

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