Faire des économies est souvent associés à un salaire suffisant pour pouvoir en effectuer. Comme chaque année, le groupe Randstad a publié son étude de l’évolution des salaire entre 2015 et 2016 et selon différents critères. La conclusion : si une hausse de 0.7% est perceptible pour 2016, les salaires des non-cadres en France augmentent de moins en moins !

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Evolution des salaires entre 2015 et 2016

Depuis 2010, le salaire moyen des français non-cadres est passé de 1’430 à 1’567 euros par mois. Cette augmentation représente quasiment 10% sur ces 6 années. Par année, on obtient donc une hausse des salaires d’environ 1.6% (si l’on ne tient pas compte de l’effet cumulatif).

Il semblerait cependant que le moral ne soit pas au beau fixe puisque le passage de 1’556 euros à 1’567 euros par mois entre 2015 et 2016 ne représente que 0.7% d’augmentation. Si l’on compare cette augmentation à toutes les performances de la période, il s’agit clairement de l’évolution la plus faible.

Mis à part le passage de 2015 à 2016, les plus grandes évolutions (minimums et maximums) de salaire se sont produites :

  • Entre 2014 et 2015, où les salaires n’ont augmenté que de 0.9%
  • Entre 2010 et 2011, où les salaires ont augmenté d’un pourcentage record de 2.4%

Depuis 2011, année record d’augmentation, on assiste à une diminution de l’augmentation (augmentation de plus en plus faible des salaires) des salaires des français non-cadres. Il est intéressant de constater que parallèlement, les salaires des cadres ont eux augmenté sur les trois dernières années. Pour la transition de 2015 à 2016, les salaires cadres ont augmenté en moyenne de 1.7%. Il s’agit de la hausse la plus importante depuis 2012.

Si l’augmentation des salaires non-cadres entre 2015 et 2016 est bien présente, elle représente l’augmentation historique la plus basse depuis 2010.

Différences de salaires par status et secteurs

Sur le plan de la qualification, on retrouve un schémas relativement classique. Les professions intermédiaires tiennent toujours le haut du pannier avec un salaire mensuel moyen de 1’781 euros (en augmentation de 0.4% par rapport à 2015). L’augmentation la plus marquée entre 2015 et 2016 est de 0.8% et est attribuée aux ouvriers non-qualifiés. Ces derniers sont payés en moyenne 1’532 euros par mois sur l’année 2016.

Du côté des secteurs d’activité, le secteur des bâtiments et travaux publics (BTP) domine largement les salaires moyens, avec un rémunération de 1’652 euros par mois. Viennent ensuite les métiers de l’industrie (avec 1’567 euros mensuels moyens) et le secteur des services (avec 1’540 euros par mois en moyenne).

Les métiers de services ont tendance à qualifier leurs employés de cadres, raison parmi lesquelles ces métiers n’apparaissent pas comme fortement rémunérateurs dans ce classement des métiers non-cadres.

2016 reste donc une année relativement classique du point de vue de la répartition (et de l’augmentation) des salaires entre les différents status et secteurs d’activité.

Le salaire moyen des français a augmenté de 0.7% en 2016.

Si un salaire minimum est important pour garantir une capacité d’épargne, le choix d’un secteur d’activité prime. Pensez que votre métier vous accompagnera pour toute la vie !

Différences de salaires entre sexe et ages

Du point de vue des tranches d’âge, 2016 ne présente pas de surprise particulière. On observe en effet une croissance quasiment linéaire des salaires moyens des moins de 25 ans jusqu’aux plus de 50 ans. Dans le détails, les salaires moyens en euros se décomposent de la manière suivante :

  • moins de 25 ans : 1’531 euros par mois
  • 25 à 29 ans : 1’566 euros par mois
  • 30 à 34 ans : 1’572 euros par mois
  • 35 à 49 ans : 1’583 euros par mois
  • plus de 50 ans : 1’594 euros par mois

Du côté des différences entre hommes et femmes, ce sont les femmes qui voient la plus “grosse” augmentation de salaire entre 2015 et 2016, puisque ces dernières voient leurs revenus croître de 0.7% contre 0.6% pour les hommes. Les femmes restent cependant toujours en retrait des hommes en termes de salaire absolu. Une femme en 2015 touchait en moyenne 1’538 euros mensuellement contre 1’563 pour les hommes. En 2016, on se situe à 1’549 euros pour les femmes contre 1’572 pour les hommes.

Comme toutes les statistiques annonçant des différences salariales entre hommes et femmes, il serait cependant important de pouvoir comparer ces chiffres à positions professionnelles équivalentes. Bien que ce facteur s’atténue à force de prise de responsabilités par les femmes, il reste cependant important d’être prudent lors de l’interpretation de ce type de statistiques.

Différences de salaires par régions

Enfin, un facteur important à considérer lors de la comparaison de salaire réside dans le lieux d’habitation. S’il est classique de considérer le coût de la vie comme un bon indicateur de niveau de salaire, ce facteur est malheureusement trompeur. En effet, certaines villes particulièrement chers (comme Paris) n’offrent paradoxalement pas les plus hauts salaires en France.

Au sommet du classement, on retrouve la Normandie et l’Occitanie avec des salaires moyens respectivement de 1’585 euros et 1’580 euros. Viennent ensuite l’île-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur avec 1’578 euros de moyenne mensuelle pour les deux régions.

Il est intéressant de noter que la moyenne nationale se situe à 1’567 euros et qu’en plus des 4 régions citées, seule la région Auvergne-Rhône-Alpes se situe au dessus de cette moyenne. Enfin, fermant la marche des régions, Hauts-de-France arrive dernier avec un salaire mensuel de 1’540 euros.

Assez naturellement, sur la base des statistiques présentées plus haut, ce sont les régions présentant une forte densité de professions intermédiaires qui s’en sortent le mieux. En terme de secteur d’activité, ce sont de nouveau les BTP qui pèsent lourd dans le cas des régions les plus rémunératrices.

Comment se compare l’Europe ?

Si l’on considère l’Europe au sens large (OCDE), la France arrive en 16ème position sur 29. Le top 5 des pays offrant les plus hauts salaires est : la Suisse, la Norvège, le Luxembourg, le Danemark et l’Irlande. En queue de peloton, on retrouve : la Pologne, la Hongrie, l’Estonie, la Slovaquie et la République Tchèque.

Etonnamment, l’Allemagne se situait juste au dessous de la France lors de ce sondage. La situation s’est cependant inversée en 2015, bien que les salaires Allemands et Français restent très proches.

L’avis d’expert !

On remarque que les métiers, les régions, les ages et sexes bénéficiant des plus grosse augmentations concernent les salaires se situant déjà dans le haut du pannier. On notera par exemple l’augmentation impressionnant de 5.3% des salaires attribués aux techniciens en systèmes automatisés. Ces dernier bénéficie ainsi d’un salaire mensuel moyen avoisinant les 1’950 euros, les plaçant bien au dessus de la moyenne nationale.

Enfin, il est important de pouvoir relativiser ces études statistiques. Randstad indique que l’étude porte sur 1.2 millions de salariés, appartenant à quelques 27’000 entreprises. La période concernée couvre le premier semestre 2016 (et le premier semestre 2015 lors des comparaisons). Une estimation nous mènerait probablement à affirmer que ce chiffre représente environ 5% de la population employée (population active – population en recherche d’emploi). Si cet échantillon semble représentatif, il serait intéressant d’avoir accès aux données brutes afin de vérifier une bonne couverture du territoire.

Source : Etude 2016 Randstad sur les salaires non-cadre, Etude 2016 Randstad sur les salaires cadres